Pour le président de la Banque centrale européenne, qui s'exprimait devant les eurodéputés, la principale menace pour l'économie de la zone euro reste l'inflation.
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| AFP/Attila Kisbenedek |
Alors que les inquiétudes sur la santé de l'économie mondiale se multiplient, Jean-Claude Trichet a répété que l'inflation était, à ses yeux, la principale menace pour l'économie de la zone euro. Le taux d'inflation a atteint un niveau record en février en zone euro, à 3,3% sur un an et devrait rester nettement supérieur à 2% pendant une bonne partie de 2008, a rappelé le président de la Banque centrale européenne (BCE) dans un discours prononcé au Parlement européen. L'objectif de la BCE est un niveau légèrement inférieur à 2%.
La BCE craint en particulier de fortes revalorisations de salaires pour compenser le renchérissement du coût de la vie, qui viendraient encore alimenter l'inflation. Dans ce contexte, Jean-Claude Trichet a estimé que la politique de l'institut francfortois - depuis l'automne dernier, la BCE laisse son taux directeur inchangé à 4% - était la meilleure réponse à apporter à ce problème. "La politique monétaire actuelle va contribuer à atteindre notre objectif de stabilité des prix", a-t-il réaffirmé, refusant de suivre l'exemple de la Réserve fédérale américaine qui a fortement assoupli les conditions du crédit aux Etats-Unis depuis l'éclatement de la crise des prêts hypothécaires à risque ("subprime") cet été.
La Fed et la BCE ne font pas face à la même situation économique et les banques centrales doivent prendre leurs décisions en fonction de cela, a expliqué Jean-Claude Trichet. L'économie américaine fait face à des menaces de récession, alors que "l'économie [de la zone euro] a des fondamentaux sains" et une "croissance modérée", a-t-il fait valoir.
Pour autant, les conséquences de la crise financière et la flambée de l'euro face au dollar sont des sujets qui inquiètent également la BCE. Concernant la crise financière, "je ne dirais pas que le pire est derrière nous", a affirmé Jean-Claude Trichet. Sur les taux de change, il s'est redit "préoccupé", estimant qu'une "volatilité excessiveest indésirable" pour la croissance. Il a également répété avoir noté avec "grande attention" les déclarations de responsables américains en faveur d'un dollar fort. Ceci n'empêchait pas le billet vert de remonter mercredi dans la matinée : un euro s'échangeait à plus de 1,57 dollar. (...)
(Source AFP)
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