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Croire à un retournement de tendance est probablement naïf si l'on observe l'histoire boursière. |
Cet optimisme de circonstance laisse songeur. Croire à un retournement de tendance est probablement naïf si l'on observe l'histoire boursière. Dans près de neuf cas sur dix, la tendance de l'année reflète celle du premier trimestre. Espérer que la crise boursière est passée serait la conclusion à tirer de cette même observation, tant la chute a été forte en janvier. Depuis le début du XXe siècle, un tel plongeon ne s'est produit qu'à onze reprises et seulement trois fois au cours des vingt dernières années : en septembre 2001 et 2002 et en octobre 1987.
Imaginer que le mois de janvier marque l'apogée de la crise est sans doute illusoire. En effet, si tous les experts s'accordent à reconnaître que nous traversons la plus forte crise financière depuis la fin de la guerre, les conséquences de cette crise sur la Bourse sont moins fortes que celles de 1987 - plus forte crise boursière enregistrée par le marché français en cent cinquante ans. Sur une "échelle de Richter" des chocs financiers, la crise de janvier se situe entre celle de la mi-2002 et celle de 1987.
L'embellie du mois d'avril n'a rien de surprenant car avril est généralement au deuxième rang des meilleures performances de l'année, derrière octobre. En revanche, il est traditionnellement suivi par une phase baissière, qui commence en mai par le détachement du dividende et qui se poursuit jusqu'à fin septembre, habituellement le plus mauvais. La période allant de mai à septembre se singularise aussi par une forte volatilité. Or, en la matière, le premier trimestre a été particulièrement instable. Les hausses et les baisses supérieures à 2 % ont été deux fois plus nombreuses que d'habitude. Celles supérieures à 3 %, quatre fois plus nombreuses.
Cette volatilité traduit l'incertitude qui plane sur les marchés et la nervosité d'opérateurs déboussolés et prompts à réagir... à la hausse, comme à la baisse. La volatilité de début d'année, ajoutée à celle propre au cycle des marchés, pourrait augurer une évolution en forme de montagnes russes partant d'un plus-haut à fin avril pour baisser jusqu'en octobre.
Avec une crise financière non endiguée et des résultats d'entreprise qui ne peuvent que se détériorer sous l'effet d'un ralentissement économique, les piètres performances de janvier ne traduisent pas l'apogée de la crise boursière. Après un automne tempétueux, un hiver rigoureux, un printemps houleux, l'été sera sans doute périlleux. Cet alarmisme n'a pour seul but que d'inviter à la prudence, pas à la panique. Il est d'ailleurs partagé par le FMI, dont son directeur, Dominique Strauss-Kahn, vient de fêter ses 59 ans. Alors bon anniversaire !
latribune.fr